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COWORKING

Coworking Bordeaux : satisfaction collaborateurs en hausse de 40 %

120 coworkers, un taux de renouvellement en chute libre, et un diagnostic inattendu.

PAR SOPHIE DELACROIX 15 JANVIER 2026 — 5 MIN

Quand le gérant de cet espace de coworking bordelais nous a appelés, il ne cherchait pas un acousticien. Il cherchait à comprendre pourquoi son taux de renouvellement des abonnements avait chuté de 82 % à 61 % en un an. Les locaux étaient neufs, le mobilier de qualité, l'emplacement central. Les avis Google mentionnaient tous le même mot : bruit.

Cabine de réunion dans un espace de coworking

Le contexte

L'espace occupait 600 m² dans un ancien chai du quartier des Chartrons, reconverti en 2024. Le plateau principal accueillait 80 postes en open space. Deux salles de réunion fermées, un espace téléphone de 4 m² et un coin cuisine complétaient l'aménagement.

Le problème structurel était évident dès notre visite : le chai offrait une hauteur sous plafond de 5,5 mètres, des murs en pierre apparente, et un sol en béton ciré. Trois surfaces dures, un volume immense, zéro absorption. L'acoustique du lieu était celle d'une cathédrale.

Le diagnostic

Nos mesures ont confirmé l'impression subjective.

Niveau sonore moyen : 71 dB(A) en heure de pointe. C'est le niveau d'un restaurant animé — pas celui d'un espace de travail.

Temps de réverbération : 2,4 secondes. La norme recommande 0,8 seconde pour un open space. Le son rebondissait sur la pierre et le béton, s'amplifiant au lieu de se dissiper.

Rayon de distraction : supérieur à 20 mètres. Dans la pratique, cela signifiait qu'une conversation téléphonique à une extrémité du plateau était intelligible à l'autre extrémité. Pour des coworkers freelances en appel client, c'était rédhibitoire.

L'enquête de perception que nous avons menée auprès des membres a confirmé les mesures : 78 % déclaraient le bruit comme leur première source d'insatisfaction, devant le Wi-Fi (12 %) et la température (10 %).

Les solutions

Le plan d'intervention a été conçu pour respecter le caractère architectural du lieu — le gérant tenait à conserver l'esthétique du chai.

Phase 1 : traitement du plafond. Installation de 360 m² de baffles acoustiques suspendus à 4,5 mètres de hauteur, en feutre de laine recyclée, teinte anthracite assortie à la charpente métallique. Le plafond d'origine reste visible entre les baffles. Réduction du temps de réverbération de 2,4 à 0,9 seconde.

Phase 2 : absorbants muraux discrets. Pose de 48 panneaux acoustiques sur les murs en pierre, dans les zones où l'impact visuel est minimal (derrière les écrans, au-dessus des rangements). Panneaux en fibre de bois, teinte naturelle, épaisseur 50 mm.

Phase 3 : zonage. Création de trois zones distinctes à l'aide de jardinières acoustiques hautes (1,80 m) garnies de plantes : zone silencieuse (30 postes), zone standard (35 postes), zone collaborative (15 postes + coin téléphone). Signalétique claire avec pictogrammes.

Phase 4 : espaces clos. Ajout de 4 cabines solo et 1 cabine duo pour les appels et visioconférences. Ratio final : 1 cabine pour 16 postes — en dessous de notre recommandation de 1 pour 10, mais contraint par le budget disponible.

Les résultats

Les mesures de contrôle, réalisées un mois après la fin des travaux, montrent des améliorations sur tous les indicateurs.

Niveau sonore moyen en zone silencieuse : 52 dB(A) — une réduction de 19 dB par rapport à la situation initiale.

Niveau sonore moyen en zone standard : 57 dB(A) — une réduction de 14 dB.

Temps de réverbération : 0,9 seconde — conforme à l'objectif.

Rayon de distraction : 6 mètres — contre plus de 20 mètres avant intervention.

Mais le résultat le plus parlant est venu de l'enquête de satisfaction réalisée trois mois après l'intervention. Le score de satisfaction globale est passé de 5,2 à 7,3 sur 10 — une hausse de 40 %. Le bruit a quitté la première place des plaintes pour descendre à la quatrième, derrière le prix, le stationnement et les horaires d'ouverture.

Le taux de renouvellement des abonnements est remonté à 79 % au trimestre suivant l'intervention.

Le budget

Le coût total de l'intervention s'est élevé à 74 000 euros hors taxes pour 600 m² et 80 postes, soit 925 euros par poste. Le gérant a estimé que le manque à gagner lié aux non-renouvellements représentait environ 8 000 euros par mois — l'investissement acoustique est amorti en moins de dix mois.


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